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La notion d'objets Chauds/Froids par Charlotte Delomier et un exemple par medical design

Comme il y a un an, je me permets, pour la nouvelle année de parler de mon travail tout en gardant le fil de la conférence de Saint Etienne.

En effet, la présentation de Charlotte Delomier sur les objets chauds / objets froids, m'a beaucoup intéressé et le projet que j'ai réalisé, présenté plus bas, y est fortement rattaché.



L'équipe de l'UNUOC (Usage Non Usage des Objets Communicants), composée de différents corps de métiers (avec des spécialistes de la gérontologie, de l'informatique, du design et de l'anthropologie) a effectué une analyse sur le maintien à domicile des personnes dépendantes. L'étude s'est déroulée sous la forme d'une enquête ethnographique au près de six ménages.

Charlotte Delomier nous a expliqué leurs observations. Les personnes âgées arrivent a garder leur autonomie grâce à des astuces du quotidien (ex : manique en plastique pour ouvrir une bouteille). Elle nous a également montré que les nouveaux objets aidant au maintien à domicile doivent être acceptés et intégrés par les nouveaux utilisateurs et qu'il est très difficile de "forcer" leur utilisation. Dans ces cas, le rôle des proches est primordial car ce sont eux qui accompagnent l'arrivée des objets en expliquant leur utilité.

Puis Charlotte Delomier, nous a dit qu'une notion était ressortie lors de leur enquête. C'est la notion d'objets chauds et d'objets froids. En parlant avec les différents ménages, certains d'entre eux ont affirmés qu'ils n'utilisaient pas les produits connecté car c'était des objets froids. Par exemple, l'ordinateur est considéré comme un objet froid alors que le livre est un objet chaud.



L'équipe a alors orienté ses recherches sur cet axe et au fur et à mesure que j'écoutais, cette notion m'est apparue comme une évidence. Les objets médicaux ou d'aide au quotidien pour les personnes handicapés ou âgées sont souvent stigmatisants, repoussants et peu agréables. Ils ne donnent pas envie à l'utilisateur qui a besoin de s'en servir de les utiliser.

Ce sont des objets peu chaleureux ou comme l'UNUOC le présente, des objets froids.

Pour présenter cette notion , je me suis permis de l’illustrer par un projet personnel.

Le projet que je vous présente, n'est pas un objet communicant mais, j'ai travaillé sur les notions développées par Charlotte Delomier et son équipe.

Il s'agit d'un pilulier. Un objet que l'on n'achète pas par plaisir mais par besoin. Néanmoins, on devra s'en servir toute la vie, et la prise de médicaments fera partie du quotidien. Il n'est pas agréable de devoir utiliser un pilulier. Les piluliers d'aujourd'hui sont en plastique (une matière qui a priori n'est pas très sensuelle), ils sont sensés être ultra fonctionnels mais sont parfois difficiles à ouvrir, pour toutes ses raisons et d'autres, on peut définir cet objet comme froid. 

Ettoré Sotsas, grand designer Italien, s’attachait à créer des objets plus ou moins fonctionnels en y apportant une certaine poésie, a redonner une âme aux objets. Et quelque part, c’est ce qui manque à cet objet et c’est pour cela qu’il est froid.


Ce pilulier est un prototype d’aspect, un projet de recherche qui n'est pas destiné à la vente (pour cette version).



Il est en céramique et en bois, des matériaux plus naturels. Sa forme arrondie le distingue des autres piluliers. On peut le confondre avec un présentoir à épices par exemple.
Les matières et la forme en font un produit plus proche des objets du quotidien notamment de l’univers des arts de la table et de la décoration.
posé à côté d'une assiette, le produit s'intègre parfaitement à l'univers des arts de la table

Il est également fonctionnel. Séparé en 7 jours de la semaine il s'adresse à des personnes n'ayant pas une médicamentation trop lourde et connaissant leur traitement.



Au travers d'objets plus chaleureux, on peut espérer qu'un produit puisse influer sur la manière de vivre sa maladie. On peut également espérer que les personnes suivent mieux leur traitement. C'est bien entendu théorique mais j'y crois et j'essaye de développer des produits dans cette optique.

Le design intervient sur différents aspects de la création d’un objet, sur l’aspect fonctionnel d’abord (comment est utilisé l’objet et par qui : c'est l’ergonomie). Il ne faut pas oublier de prendre en compte les technologies et bien sûr, l’esthétique. Cette esthétique ne doit pas se rapporter uniquement à des formes mais également à ce que racontent les formes et les matières pour que les objets soient utilisé au mieux dans le quotidien.

Merci à l'UNUOC et à Charlotte Delomier pour la mise en avant de cette notion, vous pouvez trouver plus d'information sur eux sur :
http://lesclesdedemain.lemonde.fr/sante/objets-chauds-et-objets-froids-au-coeur-des-tic_a-11-2660.html
https://unuoc.emse.fr/Le_projet.html
http://designmap.fr/images/annuaire_designers/designers/designer_22.pdf
http://www.charlottedelomier.com/#login
http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=GS_141_0041

Pour plus de renseignements sur mon travail :
http://www.medicaldesign.fr/

Commentaires

  1. hello ici bas et qu'il y fasse froid ou chaud...
    je vis a coté de mes deux grands parents maternels (85 et 95 ans) et tous deux dépendants, et ce qui a attiré mon attention lorgne plutôt du côté de ces astuces que les vieux inventent, comme ces maniques pour ouvrir des bouteilles. C. Delomier en a-t-elle repertorié d'autres, qui puissent être dévoilées pour augmenter l'autonomie des personnes dépendantes?
    article intéressant en tout cas, merci
    S.P.

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